Historique
Au départ de la création de toute société, il faut une idée. Idée qui naît souvent au comptoir d'un café. Dans ce lieu de rencontres par excellence, 2 amis discutent avec le tenancier de l'estaminet et c'est parti... "C'est quand même triste qu'il n'y ait plus de ducasse à Irchonwelz depuis tant d'années, un village si dynamique", se disent-ils. On décide alors de téléphoner à une poignée de copains pour se rencontrer et jeter les bases d'une première réunion dite officielle.
Deuxième ingrédient, il faut donc une première réunion. Ce sera le lundi 16 mars 1998 en soirée. Pas encore de Gouyasse à l'époque, c'est la période dite du Panf, c'est-à-dire de la Chimay bleue. Après 2 bacs et demi à 6, les bases sont déjà jetées, le bateau est lancé, la recette peut commencer. Les objectifs sont clairs, contresignés par les 6 précurseurs. Laurent Rasmont a retrouvé dans ses archives ce moment historique. A 2h35 du matin, c'est un lundi, l'écriture se fait déjà plus hésitante, mais les ambitions sont très lisibles :
- faire revivre un "noyau" et une Ducasse au sein du village;
- mettre en valeur le patrimoine du village;
- recréer une ducasse, avec ses manèges, ses jeux, sa bonne table, ses breuvages, sa piste
de danse et surtout l'esprit des ducasses "Comme au bon vieux temps"...
Troisième ingrédient, il faut une structure et un comité officialisé. A l'époque, il était constitué de Jean-Pierre Lebrun, Pierre Lebrun, Jean-Pierre Laine, Marie-Christine Couvreur, Jean-Luc Hoffem, Laurent Rasmont et Christophe Laine. Les membres actuels sont Jean-Pierre Laine, Marie-Christine Couvreur, Jean-Luc Hoffem, Laurent Rasmont, Nicolas Quittelier, Eric Decastiau, Valérie Viseur, Sébastien Broquet, Catherine Lebrun, Joël Luxque et Sébastien Vilain. Au risque peut-être d'être un peu trop poétique ou trop philosophique, je ne peux tout de même résister à vous lire un petit article paru en 2004 dans le Nord-Eclair à propos des hérissons. Il résume à merveille le groupe des P'tits Urchons : "Un soir d'hiver, les hérissons, pour avoir chaud, se rapprochent les uns des autres. En se collant les uns aux autres, ils se gênent avec leurs picots. Pour éviter cette gêne, ils s'écartent, mais aussitôt saisis par le froid, ils se rapprochent. Dans ce mouvement de va-et-vient, les hérissons finiront par trouver un équilibre, une distance somme toute économique grâce à laquelle tout en ne se piquant pas, ils auront assez chaud. Nous sommes donc tous des hérissons, nous recherchons constamment l'équilibre, la distance optimale où l'on est bien avec les autres sans être trop meurtri par eux. C'est une recherche entre le désir et la joie d'être ensemble et le souci de ne pas exercer de pression trop grande sur les autres...". C'est nous ! Un petit détail, mais qui a son importance : si vous désirez envoyer un courrier, ou un mail (pas au trésorier, qui n'a pas d'ordinateur), ou bien téléphoner ou encore vous rendre chez... le Président des P'tits Urchons, ne vous fatiguez pas. Il n'y en a pas ! C'est volontaire ! Les décisions sont communautaires. Nous n'avons voulu mettre personne au-dessus du lot. C'est cela aussi les P'tits Urchons.
Quatrième ingrédient pour faire une bonne ducasse, il faut rapidement des bénévoles, car le comité sera vite pris de vitesse par la réponse rapide et massive du public, d'année en année aux diverses activités entreprises. C'est ainsi qu'au fil des années, une série de bénévoles rejoindront les "rangs" de nos activités. On ne s'en rend pas compte du tout, mais la quantité de travail est impressionnante : du montage chapiteau, électricité, eau, nourriture, boissons, service bar, service salle, plonge, affiches,...
Cinquième ingrédient, il faut un public qui suive. Ce public, c'est vous : ce sont tout d'abord les habitants du village d'Irchonwelz, qui se montrent parfois un peu trop discrets, mais nous ne désespérons pas d'augmenter ce nombre. Ce sont tous nos amis de Ath, des villages voisins, amis des P'tits Urchons qui nous soutiennent d'année en année. Ce sont des personnes plus éloignées, anciens d'Irchonwelz, parfois exilés bien loin mais qui reviennent sur leur terre natale... Ce sont bien sûr les sociétés ou groupements officialisés d'Irchonwelz : la fanfare, la chorale, le théâtre, les 2 clubs de billard, le football, la pêche, le tir à l'arc, la brasserie, le club canin, la fabrique d'église, les bâtiments paroissiaux, l'équipe liturgique, le refuge, l'école maternelle, l'école primaire, les jeunes, etc. Il y a tous les comités de fêtes des villages voisins et des 3 faubourgs : impossible de les citer tous. La connivence avec certains d'entre eux dépasse largement le simple geste de réciprocité.
Sixième ingrédient, il faut des sponsors, sans lesquels il est très difficile d'entamer une quelconque activité. Le nerf de la guerre ! Impossible de les citer tous, il y en a une soixantaine.
Septième et dernier ingrédient, il faut des faits marquants, d'importances bien sûr inégales.
- il y a la première année les soupers tripes entièrement à l'intérieur du café du Moulin (imaginez l'exiguïté), et maintenant dans deux chapiteaux;
- il y a les démonstrations de dressage de chiens;
- il y a la distribution des colis aux aînés du village en fin d'année et le voyage de St Nicolas et Père Fouettard sur bârot qui distribuent friandises et vin chaud à volonté;
- il y a les promenades en bârot dans le village... même le dixieland de Walter Meneghello et ses Boy's s'y sont risqués une année;
- il y a la mise sur pied de divers concours : concours de manille, concours de façades fleuries, tir à la corde, au rayon moins classique, concours du poids du bârot, concours du pu biau capiau d'paille garni, concours des gobeurs de flan au caramel, et le concours mémorable du poids du comité, qui en a fait pleurer plus d'un...
- il y a la réalisation artisanale du plancher des P'tits Urchons qui nous valut bien des fous rires...
- il y a la pluie diluvienne des premières années qui n'ont pas réussi à nous décourager, et le placement d'énormes tapis sur l'ensemble de la surface du chapiteau pour absorber tant bien que mal les quantités d'eau astronomiques qui traversaient le chapiteau de part en part;
- il y a la chute à la renverse du batteur d'un des orchestres dont je tairai le nom, à la fin d'une prestation un peu trop arrosée... Je précise pour les mauvaises langues, qu'il ne s'agit pas de la fanfare d'Irchonwelz...
- il y a une disparition dans la rivière ici près du pont lors d'une de nos ducasses d'une personne dont je tairai le nom également et l'intervention des pompiers qui en suivit;
- il y a le jour noir du mardi 2 mai 2000 en l'église d'Ormeignies ou nous avons accompagné dans sa dernière demeure Jean-Pierre Lebrun, un des fondateurs des P'tits Urchons et plus tard encore le décès de son épouse Nicole. C'est cela aussi malheureusement la vie d'une société.
-il y a toutes les réunions de comité depuis mars 1998, toutes aussi uniques les unes que les autres;
- il y a la création, la sortie et la bénédiction du drapeau, le samedi 21 juin 2004.
Et bien d'autres suivront...
En 2007, les P'tits Urchons ont fêté leurs 10 ans. Même si ceux du début ne sont plus tous là, l'un d'eux nous ayant malheureusement quittés pour d'autres cieux, d'autres prenant d'autres chemins (qui repassent toujours à Irchonwelz quand c'est l'heure des festivités et de donner un coup de main), les P'tits Urchons gardent leur philosophie et leur bonne humeur afin de rendre notre beau village encore plus gai et agréable à vivre pour tous.

